Matjash Mrozewski    

© Costin Radu
© Costin Radu

 Amarant

 Ballet Royal des Flandres


Chorégraphie Matjash Mrozewski

Musique Scanner, Robin Rimbaud

Costumes Isabelle Lhoas

Scénographie et Lumières Dominique Drillot

Création à Anvers (Belgique), Stadtschauburg

4 février 2011

 

 

Amarante fait référence à une plante à la couleur pourpre puissante qui fleurit sans jamais se faner. Elle est d’ailleurs au proche orient un symbole d’éternité.

La musique de Scanner, mélange de musiques anciennes et de compositions contemporaines transpose la pièce hors du temps.

La danse n’échappe pas à ce style incertain, entre mouvements néoclassiques et constructions radicales, elle s’étire durant la pièce en une succession de scènes très sensibles, voire sensuelles.

 

L’espace s’est construit à partir d’une image d’Andrew Moore intitulée Pink Chamber, représentant une grande pièce peinte d’ocre rouge qui a subi les usures et les dégradations du temps. Cette image très picturale, porte la nostalgie d’un salon baroque, que ses usures transposent en un décor de théâtre sublimé.

À partir de cette image, j’ai créé un espace décalé. Tout en conservant les tonalités, j’ai imaginé un espace très neutre, contemporain, où le plafond devient dans un jeu de basculement le socle de la danse dans un premier temps, puis le fond du théâtre dans une étape finale.

En parallèle, et pour rejouer de l’aspect très pictural de ce salon d’ocre rouge, j’ai joué sur la recomposition du plafond en totalité. Les surfaces colorées se sont étirées, les angles se sont recomposés en un grand rectangle, les frises se sont multipliées pour les rejoindre, les usures du temps ont glissé sur l’image en de multiples calques numériques. Le plafond s’est alors reconstruit en une alchimie de camaïeu ferrugineux que des parties de murs ont rejoint en pourtour. L’archéologie réparatrice a donné naissance à une pure fiction où les profondeurs s’entrechoquent.

La réalisation, en toile peinte à l’ancienne, a fini de transposer cette image en un lieu de théâtre.

Le sol gris s’est alors nappé de bleu qui a rebondi sur la toile pour la faire paraître inquiétante. Parfois, il s’est teinté de teintes chaudes pour révéler la toile dans ses excès rougeâtres. Les flux lumineux changeants au gré des scènes ont accentué l’absence de neutralité de cette toile.

 

La danse a pu commencer en ce lieu qui cherchait à révéler son amarante poésie.

 

Maquette 1/50è - © dominique drillot